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écrire son premier roman

Écrivain en herbe : comment je construis mon premier roman

Loin de moi l’idée de me positionner en grande prêtresse de l’écriture de roman. Je n’en ai qu’une unique et modeste expérience mais que je souhaiterais partager avec vous. Comment j’ai bâti mon fil conducteur, quelles étapes j’ai respecté, comment j’en suis venue à bout (et les quelques hectolitres de café qui vont avec).

  1. Déterminer son fil conducteur

Ah, l’inspiration. Pour le coup j’avoue, on l’a ou on ne l’a pas. Néanmoins je vous invite à déterminer un parti pris, un sens, une volonté de message. Que souhaitez-vous transmettre, quelle idée souhaitez-vous évoquer, quelle volonté sous-jacente à travers vos propos ?

Pour ma part, j’avais été fortement marquée par les derniers événements dramatiques survenus en France : Charlie Hebdo, les Terrasses, le Bataclan… Et je me suis demandé si des conséquences positives pouvaient malgré tout avoir émergé de cette horreur. Je souhaitais, même si tout cela n’était que pure fiction, provoquer une issue joyeuse à un drame. Sans doute pour effacer un peu de malheur et continuer à croire en l’avenir. L’idée de mon roman est partie de là.

  1. Organiser et découper

Mon histoire est sans doute un peu tirée par les cheveux. J’en ai conscience et c’est un choix que j’ai fait. J’avais donc besoin de l’asseoir dans la réalité, de lui donner une structure cohérente. Je l’ai donc conçu comme un scénario de film, par séquences. Une séquence, une action. Afin de lui donner cohérence et consistance. Peu importe que l’histoire soit plausible ou non, je n’ai pas besoin que le lecteur y croit, je voulais simplement lui donner l’envie d’y croire. J’ai donc opté pour un squelette pré-établi auquel je n’ai pas dérogé.

  1. Trouver le lieu et le moment

On ne peut pas écrire tout le temps et n’importe où. Certains lieux et certains moments sont plus propices que d’autres. Certains aiment s’engluer dans un brouhaha qui finalement les isolent ou les inspirent comme une terrasse de café, d’autres ont besoin de silence. Je fais partie de ceux-là. Je me suis donc contrainte à n’écrire que quand j’étais seule et en forme : après une bonne nuit de sommeil, près d’un lac, d’un cours d’eau, au pied d’un arbre. Et les jours où cette configuration était impossible : je m’abstenais de prendre le stylo. Pour finir mon roman, j’ai même fait appel à une amie qui m’a prêté son appartement qu’elle n’occupait pas sur le moment. 

  1. Rédiger le premier et le dernier chapitre

C’était le meilleur moyen de conserver de la cohérence et de se fabriquer un carcan fiable et solide. Pour le premier volet, vous pouvez opter pour une scène du passé, du présent, du futur… peu importe. Celui-ci doit donner le ton et susciter l’envie de poursuivre la lecture.

Vos derniers mots couchés sur le papier en revanche ont plus de liberté : parfois ils concluent, parfois ils invitent à une suite si c’est votre souhait et parfois ils laissent le choix au lecteur de s’imaginer son propre épilogue. Là encore c’est un parti pris. Mais le rédiger en premier vous permettra de vous donner une ligne de conduite à conserver.

  1. Résumer tous les chapitres

J’ai ensuite entrepris, pour chacun des chapitres que j’avais imaginé succinctement, d’écrire quelques lignes de résumé. Que se passe-t’il, avec qui, pourquoi et avec quelle intention ? Nul besoin de détails. Là encore il s’agit de former une ossature à votre propos pour lui donner de la substance une fois que vous serez dans la rédaction pure.

De la même manière pour chacun des personnages principaux j’ai rédigé une biographie. Qui sont-ils, que font-il dans la vie, comment étaient leur enfance. Même si tous ces points ne sont pas forcément abordés dans le roman, certains détails du récit en sont tout simplement l’illustration. Ils renforcent la présence et l’essence de vos protagonistes.

  1. Remplir

Je n’aime pas particulièrement ce terme car il comporte une connotation péjorative. Mais c’est pourtant bien de remplissage qu’il s’agit. J’avais chaque scène dans la tête et je me suis obligée à la décrire le mieux que possible. Des mots en entraînant d’autres, certains détails sont apparus, venant renforcer la profondeur du récit. La propriété est accessible depuis une allée fermée d’un portail ? Comment est le portail ? En fer forgé ajouré avec des pilastres ou en aluminium et automatisé ? Qu’est-ce qui correspond le plus à mes personnages, à leur univers, à leur façon de vivre ?

J’ai constaté avec grand plaisir que plus j’écrivais, plus les mots venaient facilement, plus les idées défilaient avec aisance, comme coulant de source. C’est ce qui m’a convaincue que le roman tenait la route.

  1. Relire

J’ai envisagé la relecture en deux étapes : tout d’abord la relecture de la cohérence, du sens et de l’organisation. Il s’agissait ici de vérifier les détails techniques, de supprimer des lourdeurs, de modifier la syntaxe, d’ajouter une précision importante… Un travail à réaliser un peu à distance du point final. J’ai en effet laissé mon roman se “reposer” une semaine avant d’y revenir. 

Il y a ensuite la relecture pour la correction orthographique et syntaxique. Et là je vous conseille de vous faire seconder. En effet, il n’est pas rare de lire soi-même ce que l’on pense avoir écrit plutôt que ce qui est écrit réellement. Avec une tierce personne, vous obtenez un oeil neuf qui peut vous alerter. Et ce n’est pas de trop.

Voilà, vous savez maintenant comment j’ai procédé pour écrire mon premier roman. Ce n’est peut-être pas la meilleure technique, en tout cas c’est la mienne. Et vous, comment avez-vous fait ?

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